CANNES 2019 : MON FESTIVAL

May 29, 2019

Cette année, j'ai pu me rendre pour la première fois de ma vie au Festival de Cannes et obtenir une accréditation pour aller voir les films sélectionnés. Ce fût une expérience enrichissante, et je regrette de n'avoir pu y rester que les 3 derniers jours, à cause de mon emploi du temps. J'espère pouvoir revenir l'an prochain, et plus longtemps cette fois. Illustrée par une affiche rendant hommage à la regrettée Agnès Varda, la 72e édition du Festival de Cannes nous a réservé une sélection particulièrement riche, avec plusieurs grands noms du cinéma mondial ou des habitués de la Croisette avec entre autres : Quentin Tarantino, Terrence Malick, Bong Joon-ho, les frères Dardenne, Ken Loach, ou Abdellatif Kechiche. Si je n'ai pas pu découvrir Once Upon a Time in Hollywood de Tarantino, faute de rediffusion lors de mon passage, j'ai pu voir quelques perles. Résultat : 7 films en compétition officielle vus en 3 jours sur place, mais aussi 2 autres rattrapés avant le Festival grâce aux dates de sorties simultanées. Je vous propose donc un retour sur tous les films sélectionnés cette année que j'ai pu voir.

 

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Vus hors Cannes :

 

THE DEAD DON'T DIE

 

Réalisé par Jim Jarmusch

 

Jim Jarmusch signe son retour au cinéma (et en sélection) depuis Paterson en 2016, avec un film de zombies, également avec Adam Driver, présenté en ouverture du Festival. Il retrouve également Bill Murray et Chloë Sevigny, avec qui il n'avait plus collaboré depuis le très beau Broken Flowers. L'annonce du casting et du genre de film avait fait frémir d'impatience les cinéphiles, tant le style si particulier du réalisateur s'était avéré payant sur une histoire de vampires dans Only Lovers Left Alive (aussi avec Tilda Swinton). Mais force est de constater que le résultat est assez décevant. Le cinéaste s'égare dans un concept méta inintéressant, ainsi qu'un discours politique très peu subtil, qu'il surligne avec un monologue final en voix-off assez agaçant. On a compris ton message Jim, pas besoin de l'expliquer littéralement. Le récit n'aboutit à pas grand chose, et plusieurs sous-intrigues s'avèrent complètement inutiles. Subsistent de très bons acteurs servis par des dialogues assez savoureux, et une ambiance nonchalante dont Jarmusch a le secret.

 

Bande-annonce :

 

 

 

 

DOULEUR ET GLOIRE

 

Réalisé par Pedro Almodóvar

 

Le cinéaste espagnol confirme son regain de forme après Julieta en 2016, avec cet autoportrait fictionnel. Antonio Banderas livre peut-être sa meilleure performance (récompensé très justement du Prix d'Interprétation), et incarne avec douceur le double à l'écran de Pedro Almodóvar, qui lui a confié sa garde-robe et l'a envoyé chez son coiffeur. Le traitement du personnage est fait avec une grande humilité, et ne tombe jamais dans la complaisance. Une histoire qui ne pourra pas forcément émouvoir tout le monde, cependant, la démarche du réalisateur est admirable d'honnêteté, malgré les différents points fictionnels (qu'il reste à identifier). Si la mise en scène est moins colorée et vivante que d'habitude, il s'en dégage une certaine mélancolie et un cri d'amour au cinéma passionnants.

 

Bande-annonce :

 

 

 

 

Vus à Cannes :

 

 

ROUBAIX, UNE LUMIÈRE

 

Réalisé par Arnaud Desplechin

 

Arnaud Desplechin a décidé pour son nouveau film de le consacrer à sa ville natale : Roubaix. Il s'en sert de décor pour faire un film policier, mais aussi sur la population locale. L'angle choisi est très intéressant, permettant au cinéaste de proposer un portrait bienveillant, et très humain, sans jugement. Dès les premières images, on est saisis par la beauté de la photographie, avec un travail sublime sur les lumières, surtout de nuit. Les comédiens sont tous bons, en passant d'Antoine Reinartz (120 Battements par minute) à Léa Seydoux (oui, même elle), mais ceux qui sortent du lot sont indéniablement Sara Forestier, mais aussi Roschdy Zem, que l'on a rarement vu aussi subtil. Le récit est découpé en deux parties distinctes : une première consacrée aux multiples petits crimes auxquels se confronte la police, et une seconde centrée sur un meurtre, que les policiers tenteront d'élucider. La force de cette seconde partie est la séquence de double interrogatoire, très habilement mise en scène et écrite. Petite surprise dans ce Festival, que je ne m'attendais pas à apprécier autant.

 

 

 

 

 

 

MATTHIAS ET MAXIME

 

Réalisé par Xavier Dolan

 

Après un bel essai américain sur Ma Vie avec John F. Donovan, Xavier Dolan revient au Québec, mais aussi à la double casquette d'acteur-réalisateur. Les 40 premières minutes sont vraiment très réussies, la mise en scène est très belle et les dialogues font mouche, cependant, la suite n'est pas très engageante. Le récit se perd ensuite dans ce qu'il veut raconter, s'égare du centre de l'intrigue et ne prend pas la peine de développer suffisamment ses personnages. S'il y a une maîtrise formelle indéniable, le scénario n'est clairement pas à la hauteur, malgré quelques fulgurances.

 

 

 

 

 

 

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU

 

Réalisé par Céline Sciamma

 

Une des plus grandes surprises de la Sélection ! Le long-métrage de Céline Sciamma est vraiment très bien réalisé, offrant de nombreuses belles idées visuelles et des plans qui marquent la rétine. Adèle Haenel et Noémie Merlant livrent une excellente performance, et on attendait d'ailleurs un prix, au moins pour cette dernière. Le film repart avec un Prix du Scénario, dans l'incompréhension générale. Il a au moins gagné quelque chose certes, mais l'écriture n'est pas l'aspect dans lequel le film brille particulièrement. On s'attendait plus effectivement à un Prix d'Interprétation ou de mise en scène. Les dialogues sont d'ailleurs parfois un peu sur-écrits mais nul doute que les images sont hypnotisantes.

 

 

 

 

 

A HIDDEN LIFE

 

Réalisé par Terrence Malick

 

Terrence Malick revient en force depuis sa Palme d'Or pour Tree of Life en 2011, avec un film tiré d'une histoire vraie, sur un paysan autrichien refusant de se battre pour l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre Mondiale. L'universalité du propos se marie parfaitement à une réalisation de haut niveau. L'utilisation d'une focale très courte, presque en fish-eye, permet de rendre justice à ces paysages magnifiques, et les perspectives déformées donnent un style visuel intéressant. La musique composée par James Newton Howard sert très bien la mise en scène et ajoute au potentiel émotionnel du film. Je ne vous cache pas que le film m'a ému aux larmes, fait assez rare pour le souligner, et me hantera encore longtemps. Malick signe ici un pur chef d’œuvre (oui, j'ose le mot), et une véritable merveille de cinéma. Une ode à la liberté et à l'abnégation. Très triste qu'il reparte bredouille cette année, car il aurait mérité la Palme, ou au moins le Prix de mise en scène. Clairement mon film préféré de Cannes cette année.

 

 

 

 

 

PARASITE

 

Réalisé par Bong Joon-ho

 

Bien que A Hidden Life soit mon préféré de cette sélection, Parasite n'était pas loin de l'être. Bong Joon-ho étant un des réalisateurs que j'apprécie le plus, notamment grâce à Memories of Murder, que je considère être un des plus grands chefs d’œuvre de ce siècle, j'attendais impatiemment son nouveau film. Et bien devinez quoi, c'est une réussite à tous les niveaux : le scénario est brillant, la mise en scène ingénieuse et les acteurs excellents. Le film réserve de nombreuses surprises des plus jubilatoires. La salle a applaudit pendant le film. Palme d'Or amplement méritée, ça sort le 5 juin et vous DEVEZ voir ce film.

 

Bande-annonce :

 

 

 

 

 

LES MISÉRABLES

 

Réalisé par Ladj Ly

 

Pour son premier film, Ladj Ly s'intéresse au travail de la BAC en banlieue et aux divers conflits qu'elle abrite. L'histoire est assez simple : un lionceau a été enlevé dans un cirque et la BAC se charge de le retrouver pour éviter d'assister à de sanglants règlements de compte. La force du film est clairement la mise en scène, qui rend une ambiance assez anxiogène, comme dans les 15 dernières minutes absolument irrespirables. Le film est je pense d'utilité publique, montrant entre autres un grave problème d'éducation des enfants, que les parents laissent livrés à eux-mêmes, libres de s'embarquer dans de sérieux problèmes qui n'aideront pas leur situation. Les Misérables s'impose comme la petite bombe de la Croisette, et repart à juste titre avec le Prix du Jury.

 

Bande-annonce :

 

 

 

 

 

 

 

MEKTOUB MY LOVE : INTERMEZZO

 

Réalisé par Abdellatif Kechiche

 

Si vous avez bien suivi mes premiers articles en janvier dernier, vous n'êtes pas sans savoir que j'avais adoré le premier chapitre intitulé Canto Uno. Ici, Kechiche ne nous propose pas le Canto Due, mais un intermède entre ces deux films. Plus difficile à aborder donc, surtout sur la forme, plus radicale. Kechiche a présenté une version incomplète (récurrent en Festival), de 3h30, avec un montage non finalisé (encore quelques cuts étranges et du bruit numérique apparaît sur certains plans). Après 40 premières minutes sur la plage dans la veine de Canto Uno, on nous enferme avec les personnages pour presque de 3h ininterrompues en boîte de nuit. Personnellement, je ne me suis pas ennuyé pendant les deux premières heures, puis quelques longueurs ont commencé à se faire ressentir ici et là. Malgré cette transe frénétique avec les personnages dansant tout au long de la soirée, il y a quand même suffisamment de dialogues pour que l'histoire avance. Alors oui, on peut se poser la question de ce qu'on peut montrer au cinéma, comme cette scène de sexe oral non simulé de 13min, mais le talent de mise en scène nous emporte pour une expérience hypnotisante. Espérons tout de même que le cinéaste revienne à une forme plus classique pour Canto Due, après cet interlude que l'on peut considérer comme du bonus.

 

 

 

 

 

 

 

TOP CANNES 2019

 

1. A Hidden Life

 

2. Parasite

 

3. Portrait de la Jeune Fille en Feu

 

4. Douleur et Gloire

 

5. Les Misérables

 

6. Roubaix, une Lumière

 

7. Mektoub my Love : Intermezzo / Matthias et Maxime

 

8. The Dead don't Die

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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