THE WALKING DEAD SAISON 9 - CRITIQUE

April 7, 2019

17 millions de téléspectateurs. Un score qui pourrait monter à la tête de tout showrunner. C’est celui atteint par le premier épisode de la septième saison de The Walking Dead. D’une intensité remarquable, ce chapitre sanglant fut rapidement réputé comme le meilleur épisode de la série. Qui aurait pu penser, après une telle réussite, que le show de la chaîne américaine AMC n’allait cesser de chuter ? Baisse d’audiences drastique, scénario en déclin : arrivé au seuil de la neuvième saison, peu étaient ceux qui pensaient que The Walking Dead avait encore des choses
intéressantes à raconter.


AMC a pour habitude, à chaque nouvelle saison, de prétendre que la série proposera du jamais vu, que les nouveaux épisodes seront sensationnels et que les fans ne seront pas déçus. Seulement voilà : cela fait deux saisons que la production ne tient plus ses promesses.
Mais cette année, ce fut différent, car consciente que le public exprimait de moins en moins d’intérêt pour son oeuvre, la production évoqua une refonte totale du programme, après huit ans
d’existence. Et à vrai dire, tout était là pour que cette fois-ci, les annonces soient respectées.


La rupture avec « l’ancien The Walking Dead » est appuyée par une ellipse. Ainsi, nous retrouvons Rick Grimes et sa bande un an et demi après la guerre qui les a opposé aux Sauveurs, menés par Negan. On aurait pu penser qu’après le conflit, les aventures de nos héros allaient devenir plus paisibles, mais il n’en est rien. Malgré les efforts de Rick, diverses tensions subsistent, qui pourraient bien mener à l’implosion. Sans parler des nouveaux antagonistes, qui ne tarderont pas à apparaître…


Pour mener à bien la révolution désirée, AMC décide de remplacer Scott Gimple, showrunner depuis 2013, par Angela Kang, scénariste ayant déjà travaillé sur la série. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la chaîne à l’origine de Breaking Bad a fait le bon choix.
En quelques épisodes seulement, Kang revient aux sources du show, retravaille les fondamentaux, simplifie l’intrigue, balaye le superflu. Le constat est sans appel : The Walking Dead pourrait bel et bien renaître de ses cendres, sur le long terme.

La neuvième saison ne s’affranchit pas totalement des travers inconditionnels de la série, mais il souffle sur elle un vent de fraîcheur, qui rappellera aux fans de longue date les tous premiers épisodes. Saisissant l’opportunité offerte par un saut dans le temps, la showrunneuse a pour objectif de recentrer le récit sur ce qui a toujours été sa force : ses personnages. L’intrigue s’allège, en évitant les péripéties faussement complexes (ce qui faisait du tord à la huitième saison) et l’on se focalise sur les figures mythiques. Parmi elles, des personnages oubliés ou malmenés par Scott Gimple, à commencer par Daryl, relégué au rôle de figurant, ou encore Michonne, trop souvent dans l’ombre de son compagnon. Les protagonistes retrouvent leur aura d’antan, tandis que les personnages secondaires encombrants s’effacent d’eux-mêmes. Une idée intelligente, qui permet de réconcilier les spectateurs avec la série, en replaçant leurs personnages adorés sur le devant de la scène.


Derrière la caméra, les metteurs en scène semblent avoir retrouvé la passion de la réalisation. Il faut dire que sur la septième et huitième saison, les visuels laissaient à désirer. Les images manquaient cruellement de relief et visiblement, plus personne ne se préoccupait de soigner la photographie. Une chose réparée dans les seize nouveaux épisodes qui, sans proposer quelque chose d’inoubliable, font rependre des couleurs aux aventures de Rick. Celles-ci nous offrent des plans marquants, iconiques par instants, une denrée rare depuis plusieurs années.


S’il est un point qui a marqué la rupture avec les huit saisons précédentes, au-delà des ellipses, c’est bien le départ du personnage principal, l’ancien shérif Rick Grimes (un événement spoilé par la production elle-même). Amorcé par l’envie d’Andrew Lincoln, qui prête ses traits au héros, de quitter la série pour des raisons personnelles, la sortie du leader est l’un des points d’orgue de la saison. Angela Kang concentre son attention sur ce qui amène Rick à faire ses adieux, jusqu’à lui dédier un épisode entier, sous forme de rétrospective émouvante. Un tournant majeur pour The Walking Dead, qui s’achève par une autre ellipse, plus conséquente.


Qui dit nouvelle ère, dit nouveaux ennemis. Les Chuchoteurs, communauté cachée parmi les morts, étaient attendus depuis un moment par les fans du comics, et les voici enfin, terrifiants et redoutables. Dirigés par Alpha, femme cruelle et déterminée, les nouveaux grands méchants forment une menace tangible pour Alexandria, le Royaume et la Colline. La deuxième partie de la saison leur est dédiée, les faisant croiser la route de nos personnages préférés et causant quelques dégâts irréparables. Tout ce que l’on peut espérer, c’est qu’Angela Kang ne fasse pas la même erreur que le précédent showrunner, en laissant traîner un conflit qui, sur le papier, est des plus intenses.

 Le nombre d’épisodes par saison a toujours été un fardeau pour le show, et AMC n’a pas l’intention de le réduire. Au nombre de seize, les chapitres ne sont pas tous aussi passionnants, et comme à l’habitude, l’intérêt de certains peut être remis en cause. Un problème dont souffre la neuvième saison, à l’instar de ses sœurs. On pourrait également reprocher le traitement de certains personnages secondaires, avec en tête de liste Rosita et Henry. La première, ayant partagé le lit de la moitié de ses confrères, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Le second, longtemps au centre des intrigues les plus importantes, ne connaît pas un développement à la hauteur.


Mais fort heureusement, de nouvelles têtes (ou presque) viendront compenser ces faiblesses, comme par exemple la petite Judith Grimes, qui a hérité du courage et de la détermination de son père. S’émancipant peu à peu de son rôle de mascotte pour la série, la jeune fille devient rapidement attachante, un aspect renforcé par son lien particulier avec Negan, enfermé depuis sa défaite. Le duo, assez singulier et amusant, prête de nombreuses fois à sourire et il y a un vrai potentiel autour de la relation de ces deux protagonistes.


Côté casting, l’on sent bien que les acteurs s’en donnent à cœur joie et affectionnent toujours leur rôle. Norman Reedus et Danai Gurira se voient offrir de belles séquences, et Jeffrey Dean Morgan nous gratifie d’une bonne humeur appréciable. Le temps passe et les comédiens forment plus que jamais une grande famille, une alchimie très largement visible à l’écran.


Au terme de la neuvième saison, le spectateur ne peut tirer qu’une seule conclusion : The Walking Dead est à nouveau sur de bons rails. Ceci dit, et malgré les réussites d’Angela Kang, il vaudrait mieux pour la série qu’elle s’achève prochainement. Toute histoire se doit d’avoir une fin convenable, et les tristes audiences laissent présager une possible annulation. Avant qu’une telle issue ait lieu, Angela Kang se doit de positionner ses pions avec justesse, et de préparer l’ultime conclusion. The Walking Dead prendrait ainsi fin, dix ans après son lancement sur le petit écran.

 

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