LOVE, DEATH & ROBOTS - CRITIQUE

March 26, 2019

Créé par : David Fincher, Tim Miller

 

Acteurs : Mary Elizabeth Winstead, Topher Grace, Matthew Yang King, Henry Douthwaite, Elaine Tan

 

Date de sortie : 15 mars 2019

 

Genre : Science-Fiction

 

Durée des épisodes : 5 ~ 15 minutes

 

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Depuis son dernier film, et ce malgré ses productions télévisuelles, le réalisateur David Fincher s’est fait discret. Longtemps attaché à la suite de World War Z, avec son ami Brad Pitt en tête d’affiche, le cinéaste a finalement vu le projet se dérober sous ses yeux, dû à son annulation. Mais fort heureusement pour nous, il y a de ça quelques mois, Netflix faisait une annonce aussi intrigante que surprenante : David Fincher et Tim Miller (papa du film Deadpool) allaient s’associer, autour d’une série d’animation. Sobrement baptisée Love, Death & Robots, celle-ci était, en toute logique, attendue comme l’un des événements cinématographiques de l’année.

David Fincher et Netflix, c’est une belle histoire d’amour. Producteur de la série mythique House of Cards (version US), œuvre majeure de la plateforme, il a par la suite contribué à Mindhunter, show dans la lignée de Seven et True Detective, pour lequel il passera lui-même derrière la caméra, offrant ainsi à Netflix deux de ses meilleurs programmes. Il était prévisible de voir un jour une nouvelle collaboration.


Love, Death & Robots est présenté comme un recueil d’histoires courtes (variant entre 5 et 15 minutes), autour des thèmes évoqués dans le titre. Sans réel autre lien, les épisodes ont la particularité d’être des courts-métrages d’animation, réalisés par des équipes différentes et internationales. Un projet atypique et pour le moins intéressant.

 

Dans son ensemble, cette série est une réussite. On prend un plaisir certain à visiter l’imaginaire de créateurs venus de tous horizons et au style radicalement différents. Pour autant, la promesse initiale est-elle tenue, ou ne viendrait-elle pas, au contraire, freiner notre appréciation ?


La promotion a misé, et c’est peu de le dire, sur la diversité des techniques d’animation proposées. De la 2D traditionnelle à la 3D photoréaliste, tout était là pour en prendre plein les yeux, et jubiler devant les possibilités infinies de l’animation. Seulement voilà : passé les premiers épisodes, c’est la douche froide (ou tiède, pour être précis).

On se rend rapidement compte que les techniques sont souvent les mêmes, si bien que l’on en ressort avec l’impression que la moitié des épisodes étaient en CGI réaliste (ce qui est presque le cas). Inéluctablement, les visuels sont splendides, et prouvent que les studios ont fait de grands progrès ces dernières années. Mais cela retranscrit avant tout un manque de pluralité dans les propositions faites. Première déception.

 

Mais là n’est pas le plus dérangeant, car en réalité, ce qui viendra surtout entacher Love, Death & Robots, c’est l’écart parfois considérable de qualité entre les différentes histoires.

Inégalité. Voilà le premier mot qui vient en tête après avoir visionné les dix-huit récits. Ce qui fait la force de la série représente également son problème le plus important : la multiplicité des artistes qui ont pris part au show.

 

Faire participer un maximum de talents, c’est une excellente idée. Encore faut-il les réunir autour d’une idée commune, qui va plus loin que « faites ce que vous voulez, mais de la SF ». On peine à trouver un tronc commun à tous ces épisodes, qui sont loin de tous se valoir.

Là où cela est triste, c’est que l’on finit par ne plus se demander ce qui nous sera raconté au prochain épisode, mais plutôt si celui-ci sera de bonne facture. Et la réponse n’est pas toujours positive, puisque l’on passe la majorité du temps à être surpris, dans le bon sens du terme, puis à poursuivre sur un chapitre terriblement moins convaincant (dans son animation ou sa trame). Les montagnes russes de la qualité, en quelques sortes.

 

Ceci dit, voir autant d’équipes travailler sur une seule et même série amène également sa part de bon côté. Nombreux sont les genres explorés par Love, Death & Robots. Humour cynique sur l’humanité (Les trois robots), lutte acharnée contre des aliens (Des fermiers équipés) ou délire jusqu’au-boutiste (Histoires alternatives), les idées sont nombreuses et la plupart du temps savoureuses. On peut noter certains synopsis similaires, mais l’on peut être sûr que les équipes n’adopteront pas le même ton ou le même point de vue. À titre d’exemple, Des fermiers équipés et Une guerre secrète présentent des humains combattre d’effrayants extra-terrestres, et pourtant, ces deux épisodes sont profondément opposés.

Le show ne révolutionne en rien la science-fiction. Ceci dit, on ressent un amour profond du genre, et une absolue compréhension de ses mécanismes. Face au champ des possibles, les réalisateurs favorisent les sentiers battus, non sans un certain recul et une originalité amusante. Globalement, le postulat d’origine est simple, les idées qui s’en dégagent le sont moins.

 

Mais s’il est un point où la série de Fincher et Miller fait des étincelles, c’est dans sa poésie. Au travers de plusieurs épisodes, sont disséminés des instants de pur lyrisme, souvent portés par une musique splendide. La nuit lumineuse de l'épisode Les Esprits de la nuit en est un très bon exemple. Enfin, comment ne pas évoquer la violence, l’une des composantes fondamentales du cinéma de David Fincher. Régulièrement présente, elle intervient de façon naturelle, dans des mondes impitoyables, ou comme la suite logique des choses. L’avantage de Sonnie, premier épisode, est une introduction efficace à ce qui figurera par la suite. Le « Death » du titre est justifié, c’est certain.

 

Tous les récits ne resteront pas dans les annales de la télévision (ou de l’animation). Néanmoins, le programme jouit de pépites originales (Derrière la faille ou encore Bonne chasse, pour citer les meilleures) qui justifient à elles seules le visionnage. La deuxième saison n’a pas été annoncée. Seul l’avenir nous dira si elle verra le jour ou non. Quoi qu’il en soit, si Fincher décide de poursuivre ce projet, il faudra qu’il veille à la régularité de la qualité des chapitres, sous peine de voir ses spectateurs décamper.

 

Bande-annonce :

 

 

 

 

 

 

 

 

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